Don't nuke the climate
Don’t nuke the climate ! >Le blog de Copenhague > Au Klimaforum

Au Klimaforum

La journée se déroulera en grande partie au Klimaforum. Le Klimaforum est un immense regroupement de bâtiments de la ville de Copenhague.

Une partie moderne, dédale de couloirs, de pièces petites ou grandes, d’amphithéâtres, de halls d’accueil avec ou sans espace Wifi, accueille les conférences.. Pour passer d’une aile à l’autre du bâtiment, nous passons devant de grandes baies vitrées donnant sur la piscine municipale. Parfois, une classe d’enfants de maternelle fait la queue, et quelle n’est pas leur surprise de voir des hordes de personnes du monde entier, sac sur le dos, plumes sur la terre ou en robe de moine tibétain selon le pays d’origine. Ainsi, au même moment, peut se tenir une conférence sur l’agriculture américaine et le changement climatique, une rencontre sur la désertification au Brésil et une séance de méditation de type Hare Krishna.

JPG - 476.8 ko
Kaisha Atakhanov

Nous nous retrouvons dans un grand amphithéâtre pour la première conférence commune avec nos partenaires internationaux, modérée par Sascha Gabizon, de Women in Europe for a Common Future. Lors d’une première série d’interventions, trois femmes présentent différents aspects des contaminations nucléaires. Kaisha Atakhanova nous parle de la région de Semipalatinsk, au Kazakhstan, d’où elle est originaire. Dans ce territoire ravagé par des décennies de tests nucléaires à l’air libre, la population souffre de problèmes de santé graves et non reconnus. La salle est choquée par les images d’enfants malades ou malformés. Nadeshda Kutepova, une juriste russe de l’association « Planète Espoir », prend ensuite la parole pour évoquer le sort des habitants vivant près de la centrale de Mayak. Cette installation monstrueuse, destinée à la production de plutonium, a connu en 1957 un accident dont les conséquences n’ont pas été reconnues par les autorités. Comble de l’horreur, la centrale fonctionne toujours et continue de déverser dans l’environnement, en particulier dans les rivières, des tonnes de déchets radioactifs. Nadeshda s’est donnée pour mission de porter le cas des habitants victimes des contaminations devant la justice. Enfin, Karin Wurzbacher, de l’Institut Environnemental de Munich, apporte quelques informations sur les résultats de l’étude KiKK réalisée par l’université de Mayence. Cette dernière met en lumière la corrélation entre le pourcentage de cancers infantiles et la proximité des installations nucléaires. Sascha rappelle qu’un ouvrage édité par WECF reprend tous ces témoignages. Charlotte et Antoine Bonduelle concluent enfin en rappelant que la sortie du nucléaire est non seulement urgente, mais possible même dans les pays les plus nucléarisés. Une courte présentation du scénario Virage Energie suscite beaucoup d’intérêt de la part du public.

JPG - 501.6 ko
Charlotte et Antoine Bonduelle

L’après-midi, une deuxième conférence, introduite par Claire Greensfelder (Forum International de la Mondialisation) est consacrée à des témoignages de représentants de peuples autochtones affectés par l’extraction de l’uranium. Earl Tulley, chef indien Navajo nous évoque les cas de cancers qui frappent sa communauté, et explique qu’il a déclaré son territoire « zone sans nucléaire ». Charlotte évoque le cas du Niger et le sort des Touaregs. Bremley Lyngdoh, fondateur de l’ONG Worldview Impact, témoigne de son combat pour défendre les peuples natifs de l’Inde du Nord, dont les territoires sont menacés par de nouvelles concessions minières. Nous avons également droit à un diaporama sur la situation environnementale catastrophique près des mines d’Afrique du Sud. Ces prises de parole permettent de voir le problème sous un autre angle, en réalisant mieux les impacts humains.

JPG - 567.2 ko
Conférence au Klimaforum

Après la table ronde et avant de se quitter définitivement, Fred propose que tous les partenaires discutent une dernière fois de leurs orientations à chacun et qu’ils construisent ensemble pour la suite. Le Bella Center étant fermé au plus grand nombre, un lieu pour les ONGs accréditées a été ouvert en centre ville. Nous nous y rendons, Fred et moi, pour profiter d’une bonne connexion internet et pour recueillir de l’information. Quel ne fut pas notre choc lorsque nous pénétrons dans cet immense hangar chauffé, pratiquement vide ! 4 écrans géants se dressent au dessus de centaines de chaises avec au fond, quelques tables dénudées. C’est peut-être 40 personnes qui circulent sans enthousiasme dans cette étrange structure montée à la va-vite. Inutile de traîner ici très longtemps. La journée tire à sa fin, et c’est maintenant Copenhague que nous allons écouter.

JPG - 575.7 ko
Le forum...vide !
Copenhague sous haute sécurité Copenhague sous haute sécurité

<< Retour

Réseau "Sortir du nucléaire" | Contact | Suivre la vie du site RSS 2.0